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25/10/2005

Soirée d'ouverture

Une heure du mat', je viens de rentrer. J'adore les discussions qui se prolongent avec les derniers irréductibles quand l'excitation de la soirée est retombée. Bon, l'ouverture était chouette, enfin, de mon point de vue. J'espère ne pas avoir été trop long, les discours d'ouverture, ce n'est pas facile à doser entre informations necessaires, remerciements necessaires, digressions tentant de dégager du sens et tentatives d'humour pour emballer le tout. Nous avons été très bien reçus par la Cinémathèque de Nice. Belle projection et, sans fausse modestie, joli programme, varié avec une surprise, le court métrage en animation de synthèse de Jean Pierre Lagarde : GI's Joke. Beaucoup aimé le film d'Aurélia et son utilisation des possibilités de la vidéo. Elle est très forte pour retourner les contraintes du support en faveur de son film. Très beau texte aussi. Très content d'avoir revu Le Petit Chevalier de Sami et Madame Peloponnèse d'Anne Sophie, son film vieillit bien. Belles projections, aussi. Le 35mm, c'est encore ce qui se fait de mieux. Je vous aurais bien mis quelques photos qui ont été prises de la soirée mais je n'ai pas ce qu'il faut pour les sortir. On verra demain. A demain donc, à partir de 19h30 au théâtre Trimages.

01:10 Publié dans Ambiance | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

ET APRES ?
Pièce en un acte de L. B.

Le décor représente un bureau entièrement vide, avec une vitrine donnant sur la rue. Face à celle-ci, un seul personnage, assis sur le dernier meuble laissé sur place par des déménageurs pressés. Pensif, il fredonne ‘l’Internationale’.


Optiluc – Bon, sans donner dans l’autosatisfaction, on peut dire qu’on a très bien accompli notre tache non ? Parce que si on considère les conditions dans lesquelles se sont déroul…

Pessiluc (il s’agit de son reflet. Oah putain ! Le symbole vachement symbolique hé !) – Te fatigue pas mon vieux, ça on l’a déjà dit 100 fois.

Optiluc – On l’a dit 100 fois parce que c’était vrai.

Pessiluc – Je ne dis pas le contraire, je dis que ça me fais rien.

Optiluc – Et bien j’en suis désolé, mais qu’est-ce tu aurais voulu de mieux ? Moi je me suis vraiment régalé à voir tout un tas de trucs intéressants, et surtout de voir que ces Rencontres ont bien fonctionné : l’équipe, réduite mais qui a fait son travail, le public nombreux et ravis, la diversité et la qualité des œuvres présentées, l’acceuil impeccable et très pro…

Pessiluc – « Accueil » !

Optiluc – Comment ?

Pessiluc – Ca s’écrit A C C U E I L ! Et puis je suis d’accord avec toi, seulement je n’ai pas eu ce que je voulais. « Ce que je voulais de mieux » comme tu me le demandes.

Optiluc – Aïe aïe aïe…

Pessiluc – Tu connais mon fils je crois.

Optiluc – Oui. Enfin… son reflet !

Pessiluc – Il n’avait que 5 ans et ½ lorsqu’il m’a demandé si le Père Noël existait vraiment. Je lui ai répondu que non. S’il ne m’avait pas posé la question, jamais je lui aurais dit ça bien sûr.

Optiluc – Ouiiiii… Et alors ?

Pessiluc – Alors ? Je pense que lui aura moins de mal que son père à ne pas rêver plus qu’il ne faudrait… J’avais rêvé d’effervescence, de bouillon de culture, mais surtout d’êtres humains qui seraient de plus en plus nombreux à se frôler, à se découvrir et à se respecter. Mais quand on voit les choses depuis les coulisses, on se dit que ce n’est pas gagné, et même peut-être que c’est perdu. Oh c’est sûr, dans la salle, à l’heure des projections, tout le monde semblait terriblement emballé par nos idées, mais quoi, des petites réflexions, des regards, des allusions et des comportements, tout un ensemble de signes m’ont vite persuadé que ça n’était pas suffisant.

Optiluc – Eh oh ! Le partenariat avec Trimage s’est super bien passé ! Je suis sûr qu’on va pouvoir évoluer avec eux vers du solide ! C’est déjà pas mal non ? Et puis il y a eu du monde pratiquement à chaque séance, ça c’est un signe persuasif aussi !

Pessiluc – (le visage gai comme un cimetière, ne répond pas.)

Optiluc – Bref, tu es déçu, c’est ça ?

Pessiluc –( le visage gai comme un congrès du F.N., ne répond toujours pas.)

Optiluc – L’envers du décor ne reluit jamais sous les projecteurs. Regarde, moi : je parle à mon reflet, tu crois que c’est pas chiant ? Tu crois que je préfèrerais pas avoir un autre comédien en face de moi ? Eh ben tant pis, je joue quand même ! « The Show Must Go On » !
Mais regarde, bon sang ! Il a des bouquets de fleurs qui passent et qui parlent mieux que nous !

Pessiluc – Quel lyrisme ! Je te dis que tu as raison. Seulement, je pense à demain. Quel sera notre moteur ?

Optiluc – La création, l’indépendance, Les réseaux associatifs, l’amour de l’art, l’…

Pessiluc – Mais pour tout ça, il faudrait qu’on soit comme une grande famille.

Optiluc – ?

Pessiluc – Huit mois seulement ont passé depuis que je suis arrivé, mais je commence à connaître chacun de vous : des gens adorables et attachants…

Optiluc – Si on arrêtait le texte ici, sur une pensée positive ?

Pessiluc – Mais dès qu’on se retrouve plus de 2, quelque chose se perd. C’est pour ça que je pense à demain et que je demande « quel sera notre moteur ? ».
(Il reprend alors ‘l’Internationale’, sans rien dire à la SACEM.)

F I N

J’espère n’avoir ennuyé personne avec cette comédie lugubre, mais il me semble qu’on m’entend mieux lorsque j’écris, ce qui est un comble car le papier ne fait du bruit que lorsqu’on le froisse. (Et puis, le décor n’est pas cher ! Ca compte ça, non ?)

Écrit par : L U C | 30/10/2005

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